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Modélisation des effets de la mondialisation

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photoLes mondialistes forcenés justifient leur choix en nous expliquant que la mondialisation conduit certes à une certaine augmentation du chômage via les disparitions d'emplois qu'elle induit, mais ceci serait largement compensé par la spectaculaire amélioration du niveau de vie qui résulte de produits fabriqués à bas coûts. C'est un discours que tiennent les mondialistes - adeptes du “village global” - et le monde de l'entreprise qui bénéficie de ce fait d'un champ d'activité élargi à la planète, et avec des coûts de production réduits.
Mais personne, à ma connaissance, ne s'est jamais demandé quel pouvait être le bilan global de ces délocalisations, alors que les supposés bienfaits sont “indiscutable”.

Nous tentons cette analyse ci après 

Bénéfices apparents.
Prenons le cas de Jean qui va être licencié, suite au transfert de son activité en Chine.
Il perçoit un salaire de 100 ce qui conduit son employeur à payer des charges sociales de 40. Il supporte de son côté des charges sur salaires de 15.
Pour fonctionner, son entreprise utilise des achats de matières premières et autres pour un coût de 70 (évalué à la moitié des frais de personnel, ou 30% de la valeur de la production générée par Jean).
L'entreprise à par ailleurs des frais généraux estimés ici à 2.
Le total des charges d'exploitation s'élève donc à 212 (non compris les amortissements et les frais financiers, supposés être équivalents en France et en Chine).
Cette production de 212 est mise sur le marché/vendue pour 230 (marge brute : ~8%). Cette vente augmente le résultat de l'entreprise de 18, ce qui majore son impôt société de 6 (33,33%).
L'entreprise de Jean délocalise en Chine (par exemple) et embauche un salarié payé 10% du salaire de Jean. Les charges sociales sont pratiquement inexistantes, quant aux approvisionnements on suppose ici qu'ils coûtent la moitié de ce qu'ils coûtent en France.
L'entreprise supporte des frais généraux, évalués à la moitié des frais en France, soit 1. Le total des coûts de production est donc de 46. Mais il est communément admis que la productivité en Chine est plus faible qu'en France (pour l'instant…) et on suppose donc que pour assurer la même production il faut un 2ème ouvrier. Le coût total de production est donc de 46+11= 57 pour assurer la production du même produit que celui réalisé par Jean. Il faut tenir compte des dépenses de fret/assurance pour amener ce produit en France, soit 4. Et on suppose que le total des marges et de l'impôt société est de 4 (8%).
Le prix de revient rendu France est donc de 61, qui se compare à un prix de mise sur le marché pour l'entreprise Française de 230.
Ce qui se traduit par un accroissement de pouvoir d'achat apparent de 169, soit 72%.

Bingo! disent nos mondialistes qui se satisfont de ce niveau d'analyse.

Pertes réelles directes.
Mais il faut évidemment prendre en compte des effets que cette délocalisation induit sur l'ensemble de la collectivité nationale.
Il s'agit :
• de la disparition des cotisations sociales jusqu'alors payées par l'entreprise (40% du salaire, et par l'employé : 15% du salaire, minimum).
• de la disparition de la participation à l'impôt société que l'activité de Jean générait et qui disparait.
• du coût des allocations chômage et des différentes prestations que la collectivité verse à Jean, évaluées à 80% de son salaire.
• de la perte de revenus subie par les commerçants etc. … de Jean que la réduction de son revenu disponible entraîne, soit 100 - 80=20.

A ce stade de l'analyse on voit que le résultat de cette délocalisation est en fait à peu près nul.

Pertes indirectes : mais difficiles à chiffrer.
Mais il convient en outre de tenir compte des effets indirects bien réels mais difficiles à chiffrer à ce stade soit, notamment :
• les conséquences bien souvent dramatiques que le chômage entraîne chez ceux qui se voient soudainement privés d'emploi, sans être assurés d'en retrouver; particulièrement s'agissant d'usines installées dans de petites bourgades.
• la perte de savoir faire : voyez la disparition quasi-totale de l'électronique grand public par exemple.
• le coût de la non-qualité résultant du manque de contrôle de la production.
• les complications logistiques • le gaspillage de la formation initiale de Jean, et la perte de son expérience.
• la perte d'indépendance nationale, résultant par exemple de la quasi disparition de notre marine marchande
• l'affaiblissement progressif de notre potentiel économique et industriel.

Il est donc à peu près certain que la mondialisation et les délocalisations, si elles sont probablement bénéfiques aux entreprises qui les mettent en oeuvre, ont un effet FORTEMENT NEGATIF sur la collectivité nationale lorsqu'elles interviennent au bénéfice de zones économiques aux structures très différentes.

Bernard BORNETTE
Membre du Bureau national

 

Catherine Davion

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Membre du Bureau National,
Secrétaire départementale MNR54

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