Lors de ses voeux à la presse, François Fillon a déclaré que «le temps des réformes est encore et toujours devant nous».
Le premier ministre commençait à déminer prudemment le terrain avant de s'aventurer sur la voie de la réforme nécessaire des régimes de retraite.
Si l'on reste dans le schéma et l'organisation actuels, les instruments à la disposition des pouvoirs publics sont limités :
le montant des cotisations
- la durée légale d'activité
- l'âge du départ à la retraite
- la diminution des prestations
Les réformettes successives, Balladur, Jospin, Fillon, Sarkozy, n'ont en rien résolu le problème de fond. Xavier Darcos avait déclaré pour sa part qu'il «n'existe pas de projet ficelé» prévoyant un «schéma préconisé de réforme pour les fonctionnaires» et il ajoutait «on ne pourra pas s'abstenir de traiter les pensions de la fonction publique en raison de leur volume et surtout de l'objectif d'équité entre régimes».
Rester dans le système actuel, avec les mêmes paramètres, conduit la France au désastre. Il y a trente ans que les actuaires ont tiré la sonnette d'alarme et prévu qu'en 2040 les déséquilibres seraient si élevés que l'on ne pourra plus garantir le niveau des retraites. Les problèmes ressurgissent avec une acuité plus grande. Le nombre de retraités s'accroit, l'espérance de vie s'allonge, le nombre des actifs par retraité est en diminution. Le fonds de réserve pour les retraites (FRR) créé en 1999, qui devait pallier le déficit de cotisations à partir de 2020, est largement insuffisant parce qu'alimenté médiocrement.
L'ensemble de la protection va dans le mur et particulièrement la branche vieillesse.
En 2008, la branche vieillesse présentait un déséquilibre de 5,6 milliards d'euros et une dépense de 180,9 milliards d'euros.
En 2009 le déficit s'élevait à 9,5 milliards d'euros avec une dépense de 187,5 milliards d'euros.
En 2010 il est prévu un déficit de 12,2 milliards d'euros avec une dépense de 195 milliards d'euros.
Le COR (Conseil d'orientation des retraites) estime le déficit à l'horizon de 2040 à 63 milliards d'euros.
Des réformes limitées ont été entreprises depuis 1993. Les retraites ont été indexées sur les prix et non plus sur les salaires, ce qui est moins avantageux pour les retraités. La contribution sociale de solidarité a amputé le montant des retraites et ce sont les élus qui ont mis en place à leur profit, et aux frais des contribuables, les régimes de retraite les plus avantageux.
Aujourd'hui il faut s'attaquer à une réforme, voire une refondation de la protection sociale en France.
Trente-sept régimes de retraite oeuvrent à la retraite des salariés du privé et à ceux de la fonction publique avec une charge considérable pour l'Etat.
Il faut réfléchir à de nouvelles solutions, par exemple à une unification des régimes de base permettant à chacun de disposer d'une retraite minimale uniforme avec une cotisation modique et avec un calcul alliant décote et surcote en fonction de la durée d'activité. Le corollaire d'une telle disposition sociale serait de laisser à chacun la possibilité de cotiser en plus ou non dans les régimes de son choix sans être écrasé par les cotisations obligatoires.
Dans cette première décennie du vingt-et-unième siècle, il faut répondre aux besoins de protection sociale avec des initiatives courageuses et innovantes. Le schéma mis en place il y a plus d'un demi-siècle ne répond plus aux aspirations de la population.
Les cotisations calculées sur les salaires deviennent injustes. Les entreprises à forte main d'oeuvre, qui peuvent fournir des emplois, notamment les petites entreprises, sont pénalisées par rapport aux grandes entreprises favorisées par l'informatique et la robotisation. Le MNR propose, dans un premier temps, d'alléger la charge des cotisations sociales des entreprises et d'augmenter les salaires des salariés par une réforme de l'assiette des cotisations.
Dans un second temps il est indispensable de retrouver l'équilibre des différentes branches de la protection sociale, par une réforme en profondeur distinguant l'assurance de l'assistance.
Ce sont là des réformes de fonds auxquelles les politiques doivent consacrer toute leur attention. Dans un prochain article, nous présenterons de manière détaillée les solutions proposées par le MNR.














